︎︎︎Programmes

PROGRAMME DE FILMS

ALula, Tania & TALITHA*

AVECASSIA DJEBBAR, MOHAMED ZINET, MOHAMED ABOUELOUAKAR, MOSTAFA DERKAOUI, SIDNEY SOKHONA, NABYL LAHLOU, FAROUK BELOUFA, DJOUHRA ABOUDA et ALAIN BONNAMY, MOUMEN SMIHI ET MED HONDO.


26.09.—20.12.2020

@LE18Marrakech /  18, Derb el Ferrane, Riad Laarouss, Marrakech-Medina ● MAR—SAM/TUE—SAT ● 10:00—18:00



*Étoiles voisines de la Constellation de la Grande Ourse.

Cette constellation imaginaire rassemble des cinéastes qui ont en commun un engagement, une force et une vision radicale d’un cinéma qui se veut multiple et réinventé. Ils partagent parfois aussi une même destinée. Certains d’entre eux.elles n’auront fait que “passer” par le cinéma, et pourtant leurs recherches et essais cinématographiques sont aujourd’hui encore les plus audacieux, les plus puissants et les plus pertinents des avants-gardes cinématographiques des années 1970. A leur image, leurs oeuvres sont uniques, acerbes et percutantes. Ce sont souvent des premiers films lancés comme des cris, sans s’encombrer des normes du “cinéma” mais au contraire en tentant d’inventer un langage et une esthétique nouvelle, propre à leurs réalités et leurs urgences. La pluralité des formes, l’emprunt à la poésie, à la peinture, au théâtre, au burlesque, à la musique, à l’animation, au cinéma expérimental, au documentaire, au cinéma direct, les tentatives de mêler genres, esthétiques et approches sont les marques de cette modernité qui continuent d’intriguer et de fasciner.

Souvent ils sont aussi les plus invisibles et les plus oubliés, bien qu’aujourd'hui petit à petit exhumés, retrouvés et redécouverts, mais toujours largement minorisés dans une Histoire du cinéma qui peine encore à prendre en compte l’importance d’un autre cinéma, surtout celui venu du “Sud” quand ses formes n’épousent pas les attentes d’une représentation “exotique” et/ou “sociale” héritées de la vision coloniale. 




DATES




26.09.2020 — 19:00

Ouverture des expositions


26.09.2020 — 20:30

Lancement du cycle de film

● PROJECTION AU 18 & EN LIGNE

Nationalité Immigré

DE SIDNEY SOKHONA, Mauritanie-France, 1975, 90 min

Tourné pendant plusieurs années, le premier film de Sokhona évoque la lutte des travailleurs immigrés, du difficile parcours d’un mauritanien à Paris (lui même) face au racisme et à l’exploitation, jusqu’aux révoltes collectives du foyer de la rue Riquet.



27.09.2020 — 20:00

● PROJECTION AU 18 & EN LIGNE

DE/BY MOSTAFA DERKAOUI, Maroc, 1974, 76 min, RESTAURÉ PAR/RESTORED BY Filmoteca de Catalunya

Dans les rues du port et les bars populaires de Casablanca, un groupe de cinéastes interroge les passants sur leur attentes d’un cinéma marocain. Leur intérêt va se déplacer autour d’un jeune homme impliqué dans un meurtre, dont ils tenteront de comprendre les raisons.



10.10.2020 — 20:00

● PROJECTION AU 18 & EN LIGNE

La Zerda ou les Chants de l’oubli

DE/BY ASSIA DJEBBAR, Algérie, 1982, 60 min

Bouleversant essai cinématographique et poétique réalisé à partir d’archives coloniales, de voix, de poèmes et de “chansons d’oubli” qui viennent composer une nouvelle manière d’appré- hender l’histoire algérienne.



24.10.2020 — 20:00

● PROJECTION AU 18


Al Kanfoudi

DE/BY NABYL LAHLOU, Maroc, 1978, 86 min

Hamid Kanfoudi, chef d’orchestre, rêve qu’il gagne à une loterie et réalise tout ce dont il est privé dans sa vie quotidienne. Pour son premier film, le cinéaste (qui est aussi metteur en scène de théâtre) Nabyl Lahlou déploie ce que l’on retrouvera dans toute son oeuvre : sa capacité à mêler le burlesque et le social, son ton unique et acerbe, son inventivité, son engagement et son exigence intellectuelle.


07.11.2020 — 20:00

● PROJECTION AU 18 & EN LIGNE


Nahla

DE/BY FAROUK BELOUFA, Algérie, 1979, 110 min

Au Liban, un jeune journaliste algérien est emporté dans le tourbillon des événements annonciateurs de la guerre civile à venir. Avec Nahla, une jeune chanteuse, Maha, une journa- liste féministe et Hind, une militante palestinienne, ils seront témoins du chaos dans lequel sombre Beyrouth.



14.11.2020 — 20:30

● PROJECTION AU 18

Devenir cinéaste marocain en Pologne

Programme de courts métrages de MOSTAFA DERKAOUI et KARIM IDRISS.

Ce programme retrace le “voyage” en Pologne communiste de Marocains étudiants en cinéma, à Łódź, entre 1965 et 1975. Des premières “études” documentaires, critiques de la société polonaise, aux films politiques et expérimentaux, liés aux “années 1968”, on découvrira le nouveau cinéma marocain à venir, rêvé par ces pionniers.




21.11.2020 — 20:00

● PROJECTION AU 18
                     
Brochure du film Tahia Ya Didou, imprimé par Révolution Africaine, 1970,
Archives de la Cinémathèque Algérienne 




Tahia ya didou

DE MOHAMED ZINET, Algérie, 1971, 81 min Version restaurée / Restored version

À la fois poème pour Alger et ses habitants, comédie burlesque et réminiscence des souffrances de la guerre, Tahia ya didou est un film inclassable, à l’image de son réalisateur Mohamed Zinet (1939-1995) dont ce fut l’unique film. Rejeté par les autorités qui avaient commandé à Zinet un documentaire touristique sur Alger, il est devenu culte grâce à la Cinéma- thèque d’Alger et son directeur Boudjemaa Karèche qui le programmait régulièrement.



19.12.2020 — 20:00

● PROJECTION AU 18


Si Moh, pas de chance

DE MOUMEN SMIHI, Maroc-France, 1970, 17 min

Au seuil d’une bouche de métro, au soir d’une autre journée d’exil, Si Moh regarde des cartes postales de son pays natal, le Maroc.







Mes voisins

DE MED HONDO, France-Mauritanie, 1971, 35 min
Version restaurée par Arsenal / Restored version by Arsenal

Avec les travailleurs immigrés du foyer de la Croix-Nivert (Paris 15ème). Le cinéma radical de Med Hondo s’écrit dans une pluralité de formes et de récits pour un essai cinématographique avant-gardiste sur la domination coloniale, le racisme, l’esclavage, l’humiliation, l’immigration, la révolte et l’indifférence que vivent les immigrés en France.



Ciné-Cité

DE DJOUHRA ABOUDA ET/AND ALAIN BONNAMY, France, 1974, 16 min

Dans les années 1970, Djouhra Abouda ( née en Algérie en 1949 et arrivée en France avec sa famille en 1956) mène une recherche cinématographique au Centre Universitaire de Vincennes à Paris, avec l’architecte Alain Bonnamy (né en 1947) rencontré en Algérie. Créée après mai 1968, l’Université de Vincennes leur offrait alors une large liberté d’apprentissage et d’expérimentation. Ils y ont notamment collaboré avec des cinéastes expérimentaux comme Guy Fihman et Claudine Eizykman ou encore Giovanni Martedi.
Abouda et Bonnamy y réalisent des films expérimentaux en 16mm Algérie Couleurs (1972) et Ciné-Cité (1974) “conçus comme des assemblages kaléidoscopiques à partir d’un paradigme musical” [1]. Les films seront programmés notamment par Peter Kubelka dans l’exposition inaugurale du Musée National d’Art Moderne de Paris Une Histoire du cinéma (1976-1977).

Ils co-réaliseront également Ali au pays des merveilles (1976) conçu comme une tentative de sortir le cinéma expérimental de son "ghetto » en s'attaquant à des problématiques politiques et sociales (exploitation, racisme, colonisation), sans pour autant réaliser un film militant dogmatique.
« En tant qu’algérienne j’étais désireuse de travailler sur la matière cinématographique car je ne voulais pas copier le cinéma français » [3]

Djouhra Abouda est aujourd’hui connue sous le nom Djura pour avoir monté à la fin des années 1970 le groupe de musique kabyle aux revendications féministes Djurdjura. Alain Bonnamy est architecte et photographe



[1] Jean Michel Bouhours dans L'art Du Mouvement - Le Cinéma D'artiste Dans Les Collections Du Musée ... Musée National D'art Moderne, 1916-1996, Edition 1997 

[3] Cinémas de l’Emigration, Cinemaction n°8, entretien de Djouhra Abouda avec Guy Hennebelle




20.12.2020 — 18:30

● AU 18

Rencontre avec TOUDA BOUANANI

Autour de la sortie du livre La Septième Porte : une Histoire du cinéma au Maroc de 1907 à 1986 de AHMED BOUANANI publié aux Editions Kulte (2020).






Hadda

DE MOHAMED ABOUELOUAKAR, Maroc, 1984, 90 min

“Le village se dresse dans un paysage aride. (...) Mais à travers le voile mystificateur, on découvre lentement une vie à la trame complexe. (...) Hamid, le jeune héritier, revient au village natal dans le but de récupérer ses biens et ses terres. (..) Hamid viole Hadda, une jeune fille, dans une atmosphère de sécheresse. Acte qui engendrera l’épidémie.” M.A.