4.1 

Mostafa Derkaoui



4.2 

Abdelkrim Derkaoui




4.3

Abdelkader Lagtaa



 4.4

KArim Idriss



4.6

Marta




4.7

Elzbieta k.




4.8

Piesn NA SMIERC 





ABDELKRIM DERKAOUI CHEZ LUI, WIAME HADDAD, 2018


(4.2)

ABDELKRIM DERKAOUI




Abdelkrim Mohamed Derkaoui est un chef opérateur et cinéaste marocain né en 1945 à Oujda et vivant à Casablanca.

Il a étudié l’image à l'École de cinéma de Lodz en Pologne où il a habité de 1965 à 1972. En Pologne son mémoire de fin d’étude sur “Les systèmes d’écrans larges au cinéma” a reçu la mention Très Bien et sera publié pour son “grand apport à la littérature sur le septième art”.

A son retour, il s’impose comme le chef opérateur de référence au Maroc et a signé l’image de plus d’une quarantaine de films et documentaires, tout en remportant de nombreux prix pour son travail. Figure discrète et pourtant majeure du cinéma marocain, il a longtemps collaboré avec son frère le cinéaste Mostafa Derkaoui.

Il a également réalisé quatre longs-métrages : Le Jour du Forain (1984), Rue Le Caire (1998), Les Enfants terribles de Casablanca (2010) et Les Griffes du Passé (2015).

Il est aujourd’hui producteur de feuilletons et de documentaires au sein de sa société Ciné-Scène International et membre de la chambre nationale des producteurs.

Son œuvre photographique réalisée en Pologne, restée plusieurs décennies dans des albums de négatifs, témoigne de la justesse, de la force et de la poésie du regard qu’il posait alors sur ce pays étranger et sur l’agitation politique et artistique de ses camarades.

Les archives, peintures, albums photographiques, disques de jazz et livres de l’appartement de Abdelkrim Derkaoui, reconstitué pour l’exposition, témoignent de l’importance pour les Derkaoui de la rencontre avec l’intense vie culturelle et artistique polonaise qui a laissé des traces qui perdurent jusque dans leur vie quotidienne presque 50 ans plus tard. La langue polonaise n’est pas oubliée, les ami.e.s non plus.




ARCHIVES DE ABDELKRIM DERKAOUI, POLOGNE, ANNées 1960


« C’est Mohammed Abdelkrim Derkaoui, mon frère Krimou, qui m’a donné ma première vraie leçon de cinéma : « Mostafa, tais-toi si ce que tu veux dire n’est pas aussi beau que le silence ! ». C’est un vieux proverbe arabe. C’était à la veille de notre examen d’entrée à l’École de cinéma de Łódź. Nous étions debout, collés l’un à l’autre dans ce train qui nous emmenait en Pologne, retenant nos cinq vieilles valises avec les vieilles ceintures de notre père Abderrahmane. Ce qui est étrange c’est que Krimou a su tirer profit de cet enseignement qu’il me destinait. Ce qu’il dit ou fait, tend toujours vers la perfection ; alors que j’ai continué à hâbler dans le vacarme que faisaient sur les rails les roues d’un train allant à cent-quatre-vingt kilomètres à l’heure. Le train s’est finalement arrêté à Varsovie ; mais je continuais à parler sans cesse, disant n’importe quoi, jusqu’à ce que je sois devenu aphone à force de dire des bêtises. J’ai fini par me taire enfin. Peut-être maintenant que je ne parle plus, je vais pouvoir réussir le film que j’essaie de faire depuis  1974, lorsque j’ai tourné le premier plan de De quelques événements sans signification »

Mostafa Derkaoui, 2018